Ce dans quoi nous intervenons : litiges commerciaux et de distribution, litiges entre associés, recouvrement de créances, exécution de décisions de justice étrangères, contentieux fiscal devant les juridictions administratives, contentieux devant les juridictions sociales.
Exécution des décisions étrangères en Espagne
Entre États membres de l'Union européenne, l'exécution des décisions judiciaires est encadrée par le règlement (UE) n° 1215/2012 (Bruxelles I bis). Il supprime l'exequatur pour la majorité des décisions civiles et commerciales. En pratique, une décision française définitive peut être portée directement à exécution en Espagne. Toutefois, le droit espagnol impose d'ouvrir une procédure d'exécution distincte devant le tribunal compétent · il n'existe pas en Espagne de figure équivalente au commissaire de justice français, habilité à agir directement. Cette étape procédurale, que nous gérons intégralement, conditionne le recouvrement effectif.
Faire exécuter une décision en Espagne : les étapes
De la décision française à l'exécution effective en Espagne, la procédure prend en moyenne 3 à 6 mois selon la juridiction et la coopération du débiteur.
Les erreurs fréquentes des entreprises françaises en contentieux espagnol
Engager un contentieux en Espagne sans connaître les particularités du système juridique espagnol expose à des erreurs procédurales coûteuses. Voici celles que nous rencontrons le plus souvent.
Attendre l'expiration du délai d'exécution · L'article 518 de la Ley de Enjuiciamiento Civil fixe un délai de caducité de cinq ans pour l'exécution des condamnations pécuniaires. Passé ce délai, la décision est définitivement inexécutable, même si elle est parfaitement valide au fond. Ce délai court à compter du caractère définitif du jugement, indépendamment des démarches engagées en France.
Négliger le poder para pleitos · Contrairement à la France où le mandat ad litem est tacite, l'Espagne exige un pouvoir notarié explicite avant toute représentation en justice. Son absence entraîne l'irrecevabilité de la demande.
Sous-estimer les différences procédurales · Le système espagnol ne connaît pas la figure du commissaire de justice français. L'exécution forcée est intégralement pilotée par le tribunal, avec des délais et un rythme procédural différents. Les entreprises françaises surestiment souvent la réactivité de la procédure et n'anticipent pas correctement leurs flux de trésorerie.
Ignorer les voies de recours du débiteur · En Espagne, le débiteur dispose de moyens d'opposition à l'exécution (motivos de oposición) prévus aux articles 556 et suivants de la Ley de Enjuiciamiento Civil. Ces recours, même dilatoires, peuvent suspendre temporairement l'exécution. Une stratégie contentieuse efficace les anticipe dès la phase de préparation.
Choisir la mauvaise juridiction · En matière commerciale transfrontalière, la détermination du tribunal compétent et du droit applicable précède toute autre décision. Une clause attributive de juridiction mal rédigée dans le contrat initial peut imposer un contentieux dans un pays défavorable. Cette question se traite en amont, pas au moment du litige.
